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Les coulisses d’un test d’intrusion matériel : Le rapport d’audit et la communication des résultats

Billet de blog 2 #5

Chaque campagne d’audit matériel se conclut par une étape cruciale souvent sous-estimée : la restitution des résultats. Après des jours, parfois des semaines d’investigation, d’analyse et d’exploitation, il faut savoir transmettre clairement ce qui a été découvert, évalué et compris.

Le rapport d’audit n’est pas qu’un document administratif. C’est la passerelle entre le monde technique des auditeurs et les décideurs, développeurs, responsables sécurité ou chefs de projet. Bien construit, il transforme un travail d’investigation en un plan d’action structuré pour renforcer la sécurité du produit.

Le rapport : un outil de communication, pas seulement une trace technique

Un bon rapport doit répondre à une double exigence : rigueur et clarté. Il s’adresse à plusieurs publics, aux attentes très différentes. La synthèse exécutive expose les grandes lignes pour un lectorat non technique tel que le contexte de l’audit, risques majeurs identifiés, niveau global de sécurité, et surtout, priorisation des actions à mettre en œuvre. L’objectif est d’offrir une vision claire : faut-il agir vite, et sur quoi ?

La méthodologie et le périmètre détaillent l’approche retenue, les outils utilisés, les limitations éventuelles, et précisent les zones ou fonctionnalités qui n’ont pas été auditées. C’est une garantie de transparence et de traçabilité pour l’ensemble du processus.

Les résultats détaillés, enfin, constituent le cœur technique du rapport comme l’exploitation des vulnérabilités, le niveau de criticité (souvent via un score CVSS adapté au contexte embarqué), les impacts fonctionnels et métiers, les preuves de concept (PoC) reproductibles, et les recommandations de correction spécifiques. Chaque vulnérabilité y est documentée avec le souci du détail, pour que l’équipe d’ingénierie puisse reproduire, comprendre et corriger efficacement le problème.

Adapter le message à l’audience pour la prise de décisions

Un rapport d’audit bien conçu ne raconte pas tout, mais raconte ce qu’il faut, de manière claire et exploitable. Le niveau de détail technique doit être adapté, d’un côté il est inutile d’inonder un comité de direction de logs et d’adresses mémoire, tout comme il ne faut pas se contenter d’une évaluation vague face à une équipe de développement. Le rôle de l’auditeur est donc aussi celui d’un pédagogue. L’objectif est de faire comprendre les enjeux sans déformer la réalité technique, et proposer des remédiations concrètes, testables et réalistes, notamment lorsqu’il s’agit d’interventions sur du matériel, souvent plus coûteuses ou risquées qu’un correctif logiciel.

Au final, un rapport d’audit réussi devient un outil d’aide à la décision. Il permet à l’entreprise d’évaluer ses risques, de planifier ses corrections et de suivre l’avancement de la remédiation. Sans cette étape de formalisation, même la meilleure analyse perd de sa portée : une faille découverte mais mal expliquée restera… une faille non corrigée.

Hardsploit NG : automatiser pour mieux communiquer

L’une des nouveautés majeures de Hardsploit NG résidera dans la génération automatique de rapports. Grâce à l’enregistrement systématique des interactions entre l’outil et la cible, chaque manipulation, lecture de registre ou capture de bus pourra être archivée, contextualisée et intégrée directement dans un rapport préformaté. Cette automatisation réduira considérablement le temps passé à documenter les résultats et éliminera le risque d’oublier des étapes importantes. Les preuves de concept, les captures, les logs et les métadonnées seront regroupés de façon structurée et cohérente. 

Les auditeurs pourront ainsi se concentrer sur l’analyse et la formulation de recommandations pertinentes plutôt que sur la mise en forme. Et pour les équipes recevant le rapport, cette traçabilité complète garantira la reproductibilité des observations et la transparence du processus d’audit. En somme, Hardsploit NG ne se limitera pas à assister l’auditeur pendant les phases d’analyse ; il simplifiera aussi la valorisation du travail accompli, en générant des livrables documentés, compréhensibles et directement exploitables.

La boucle est bouclée

Au fil de cette série d’articles, chaque étape du test d’intrusion matériel a révélé la complexité et la rigueur nécessaires à une évaluation fiable de la sécurité embarquée. De l’ouverture du boîtier à l’analyse des rouages internes, de l’exploitation des vulnérabilités à la rédaction du rapport final, l’auditeur navigue entre investigation, ingénierie et pédagogie, en s’appuyant sur une méthodologie éprouvée.​

Dans ce rôle, Hardsploit NG, ambitionne d’être l’allié principal des auditeurs et pentesteurs. Grâce à l’enregistrement automatisé des actions, à la génération de rapports reproductibles et à l’intégration avec des outils d’analyse open source, il promet de simplifier la rédaction et de fiabiliser la communication des résultats à venir. Avec cette nouvelle génération d’outils en préparation, le pentesteur ne sera plus simplement un découvreur de failles, mais un acteur central du cycle d’amélioration continue de la sécurité matérielle, bénéficiant d’une plateforme robuste et innovante conçue pour relever les défis complexes des systèmes électroniques modernes.

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